terça-feira, dezembro 03, 2013

Saul Leiter




Saul Leiter, le flâneur poétique de la Street Photography

Saul Leiter, le flâneur poétique de la Street Photography

Par Valérie Duponchelle

 

DISPARITION - New York perd un flâneur poétique, un érudit pétri de théologie et un homme profondément original: Saul Leiter (1923-2013). Portrait d'un peintre contrarié qui s'est servi de l'objectif comme d'un pinceau. Et souvenirs du galeriste de New York qui l'a redécouvert, Howard Greenberg, et d'Agnès Sire, directrice de la Fondation Cartier-Bresson qui l'a révélé à Paris.

Saul Leiter, le photographe américain de la rue new-yorkaise, des taxis au halo jaune, des néons à l'écho assourdi, des personnages posés dans l'ombre comme recadrés dans un tableau vide, est mort le mardi 26 novembre, à l'âge de 89 ans. La nouvelle a été confirmée au site The Eye of Photography par son découvreur Howard Greenberg, grand marchand de la photographie à New York dont le stand truffé de vintages est toujours un point fort de Paris Photo.

À la dernière édition de Paris Photo, ce photographe par défaut était bien là sur les cimaises du Grand Palais, désormais une valeur sûre. Émerveillement et humour comme un ciel de traîne caractérisaient les compositions abstraites de Saul Leiter (1923-2013). Ce modeste ou ce rétif à la surexposition est resté longtemps dans l'ombre quand la renommée célébrait déjà haut et fort William Eggleston, autre précurseur de la couleur et personnage du Vieux Sud à la William Faulkner pourtant apparu après dans les années 1970. Paris a découvert tardivement Saul Leiter mais avec passion, lorsque Agnès Sire, directrice de la Fondation Henri Cartier-Bresson, l'a exposé au printemps 2008 après un coup de cœur pour ses tirages en noir et blanc, à New York, chez Howard Greenberg.

L'harmonie sensible de Bonnard et de Vuillard

Destiné enfant à être rabbin, détaché de la religion à la fin de l'adolescence mais imprégné ad vitam aeternam de la culture juive et de ses écrits, Saul Leiter arpentait la rue avec son appareil photo ou plutôt musardait en artiste dans sa ville de New York. Se sentant peintre avant toute chose, il y puisait la matière première de ses images prises sur le vif, sujets classiques de la Street Photography mais à la tonalité singulière et au flou tendre. Dans ses rêveries humaines, se retrouvait son goût pour l'harmonie sensible de Bonnard et de Vuillard.

Des grands photographes que Saul Leiter admirait, Howard Greenberg son galeriste depuis 1993 ne peut citer aujourd'hui que deux noms, le photojournaliste américain William Eugene Smith (1918-1978) et le chroniqueur ultrasensible des Américains, le fort taiseux Robert Frank (né en 1924 à Zurich). La Fondation Henri-Cartier-Bresson a été la première surprise de l'engouement du public parisien pour cet inconnu de la photo américaine: record de fréquentation et file d'attente inédite au 2 Impasse Lebouis, dans le XIVe; un succès historique désormais attesté par une photo témoin dans le Livre d'or.

Solitaire, réputé farouche, voire «bougon, boudeur», Saul Leiter vivait dans son atelier de Downtown Manhattan, resté tel quel ou presque depuis la mort de sa compagne, Soames, il y a dix ans. Un désordre de peintre à la Lucian Freud plutôt que l'ordre mathématique d'un photographe à la Sebastião Salgado. Un contraste significatif qui a frappé la Française Agnès Sire, récidiviste des fonds inexplorés, qui a depuis exhumé le fonds du Chilien Sergio Larrain, coup de cœur exposé cet été aux Rencontres d'Arles et cet automne à la Fondation Henri-Cartier-Bresson. Après une première révélation à la Howard Gallery, cette ancienne de Magnum est allée frapper à la porte de l'artiste.

Redécouvert au milieu des années 1990

Fascinée, elle a plongé avec lui dans ses archives non classées pour mettre au jour la matière inédite de l'exposition parisienne. Saul Leiter aimait peu la presse, les exercices de promotion, les confidences sur ce qui n'était pas indispensable, dit-elle. Qu'importe! Le public découvrait un regard qui refusait toute influence et fut conquis par cette flânerie poétique où l'âme demeure. L'éditeur allemand Steidl lui consacra alors deux catalogues, l'un à son œuvre en couleur, la plus plaisante et accessible (Early Color de Saul Leiter par Martin Harrison, 2006) puis à son œuvre en noir et blanc totalement méconnue, la plus prisée des connaisseurs. Deux livres au premier tirage rapidement épuisé. Les éditions Actes Sud lui ont consacré à leur tour un Photo Poche, signe d'une consécration tardive.

La Fondation Cartier-Bresson présenta en bonne et due forme ce nouveau personnage. Voici donc Saul Leiter qui réalise ses premières photographies au début des années 1940 dans les rues de New York. Ce travail est montré au MoMA (Museum of Modern Art) en 1953 et 1957. Pendant 20 ans, il arpente les rues, mais son travail n'est redécouvert qu'au milieu des années 1990. Saul Leiter n'était pas voué à la photographie. Né à Pittsburgh en 1923, fils d'un rabbin renommé, brillant étudiant en théologie à Cleveland, il décide à 23 ans d'abandonner ses études et de s'installer à New York pour se consacrer à sa passion première, la peinture. Sous l'influence du peintre Richard Pousette-Dart, il s'intéresse à la photographie.

En 1947, après avoir vu l'exposition Cartier-Bresson au MoMA, il se veut photographe, se procure un Leica et flâne dans New York qu'il photographie en noir et blanc. En 1948, il se tourne vers la couleur. Il alternera désormais entre les deux supports. En 1953, le grand Steichen, alors conservateur en chef de la photographie au MoMA, sélectionne vingt-cinq de ses tirages noir et blanc pour l'exposition Always the Young Stranger, puis en 1957, intègre une vingtaine de ses images couleur pour une conférence qu'il donne au MoMA: Experimental Photography in Color.

Si ses photos de rue ont fait sa renommée malgré «son refus dédaigneux de se mettre en avant», Saul Leiter a œuvré longtemps en tant que photographe de mode, de ses débuts en 1953 dans son studio de Bleeker Street, au milieu des années 1980. En 1957, Henry Wolf, directeur artistique légendaire, publia pour la première fois ses images dans le magazine Esquire, puis dans Harper's Bazaar. Il devint dès lors l'un des grands photographes du milieu et travailla pour les magazines de mode les plus prestigieux.

Le point de vue de la fourmi

«S'il est vrai que les photographes de mode ont un coté touche-à-tout, Leiter est un touche-à-tout qui sait faire preuve de maîtrise et d'originalité dans chaque registre qu'il aborde, bousculant tour à tour les signes et les rituels du nu, du portrait, de la nature morte ou du reportage urbain», analyse Max Kozloff (Photo Poche). «De quel droit, par exemple, un détail aussi insignifiant que la semelle d'un brodequin ouvrier, photographiée du point de vue de la fourmi, en vient-il à investir tout le champ du cliché au détriment de toute l'animation du trottoir? (...) Plutôt qu'à des scènes, on est en fait confronté à des scénographies, à des décors avec personnages».

«Je l'ai découvert vraiment dans une petite exposition sur la New York School of Photography de Jane Livingston, curator de légende à la Corcoran Gallery of Art de Washington, il y a vingt ans», raconte au Figaro, Howard Greenberg, galeriste pour une fois au calme car en plein Thanksgiving Day. «Je connaissais ses photos par un livre avant de le rencontrer. Difficile? Non, pas vraiment, profond plutôt. Il était exactement comme dans le documentaire In No Great Hurry du cinéaste britannique Tomas Leach (2012). Le temps ne l'a pas changé. Il vivait dans son monde d'artiste dans lequel vous étiez invité à pénétrer.

Pas le genre à se soumettre à un jeu de questions et de réponses. Ou alors, il vous posait des questions pour savoir quelles étaient vos convictions, vos valeurs, vos croyances. Il aimait vous tester, vous titillait, mais ne rejetait pas vos idées après un vrai débat. Saul avait un profond intérêt pour l'humain, c'est ce que montrent ses photographies qu'il tirait lui-même. J'ai été ébloui par leur qualité, cette vision si poétique et émotionnelle du monde autour de lui».

quinta-feira, agosto 29, 2013

quinta-feira, agosto 22, 2013

domingo, agosto 18, 2013

sexta-feira, agosto 02, 2013

Lynn Hershman Leeson


Lynn Hershman Leeson. Roberta's Construction Chart #2. 1976

Between 1974 and 1978, Leeson assumed the fictional alter ego Roberta Breitmore, a single woman in the San Francisco Bay area during years of tumultuous social upheaval. Breitmore’s background, education, and childhood memories are a composite of accumulated psychological data. Leeson, as Breitmore, wore makeup, a blond wig, and a certain style of clothing; she maintained a small apartment, had a checking account, credit cards, and a driver’s license, saw a psychiatrist, participated in the Weight Watchers diet program, and placed personal ads looking for dates—men who became unwitting participants in her performance. In the third year of the project, Leeson engaged three other people to perform as Breitmore. The performance concluded in November 1978, commemorated by an exorcism of Breitmore in the Gallerie d’Arte Moderna e Contemporanea, in Ferrara, Italy. All that remains is a cache of documentation, including photographs, drawings, surveillance reports, films, letters, and legal and medical papers; a selection is on view here.


Chromogenic color print, printed 2003, 22 15/16 x 29 5/8" (58.3 x 75.3 cm). The Museum of Modern Art, New York. The Modern Women’s Fund. © 2013 Lynn Hershman Leeson

segunda-feira, julho 15, 2013

sexta-feira, abril 26, 2013

Tadashi Ono


Em Kyoto, Japão, uma grande exposição de fotografia, a Kyotographie. E está lá essa foto de Tadashi Ono.

quinta-feira, abril 25, 2013

Instituto Moreira Salles

Emygdio de Barros/Museu de Imagens do Inconsciente

Desenho de Raphael Domingues


Mostra no Instituto Moreira Salles vê modernidade de esquizofrênicos

FOLHA DE SÃO PAULO

Lá fora a arte moderna rugia, e também lá dentro. Na virada dos anos 1940 para os 1950, enquanto o movimento concreto se firmava e o abstracionismo ganhava terreno, dois internos do Centro Psiquiátrico Nacional, no Engenho de Dentro, no Rio, sofriam os ecos da revolução.

Raphael Domingues e Emygdio de Barros, que agora têm uma mostra no Instituto Moreira Salles, já tinham inclinação para as artes visuais antes de serem diagnosticados como esquizofrênicos e levados ao hospital comandado por Nise da Silveira.

No lugar do choque elétrico, a psiquiatra desenvolveu terapias alternativas, como um ateliê de arte. Era sua tentativa de encontrar nos desenhos e pinturas dos internos chaves para entender um estado psíquico conturbado.

Pintura de Emygdio de Barros que está exposta no Instituto Moreira Salles, em São Paulo
"Ela buscava a projeção de imagens do inconsciente", diz Rodrigo Naves, um dos curadores da mostra. "É como se o inconsciente, com todos os seus arquétipos, fosse projetado para fora nessas telas."

Mais do que isso. Almir Mavignier, artista que trabalhou no ateliê como assistente de Silveira, identificou já nos anos 1940 a modernidade do traço nos desenhos de Domingues e a intensidade da cor nos trabalhos de Barros.

Enquanto o primeiro se expressava com desenhos de traço simples, sempre em preto e branco, o segundo carregava nas tintas reagindo ao que Naves chama de "relação estridente com o mundo".

Quase autista, Domingues, que morreu em 1979, não falava e passava o tempo todo fazendo risquinhos indecifráveis em folhas de papel. Quando Mavignier começou a levar pessoas e objetos para que ele retratasse, acabou desencadeando todo um universo visual em sua obra.

"Ele tem essa sinuosidade da linha e uma continuidade do traço muito forte", diz Heloísa Espada, também curadora da mostra, sobre o trabalho de Domingues. "São desenhos feitos de um só fôlego, com grande equilíbrio e domínio do espaço. Têm uma memória das formas."

No caso, essa memória instantânea dos contornos permitia ao autor estabelecer um "vínculo com o mundo real", nas palavras de Espada.

MUNDO ESTILHAÇADO

Tanto ele quanto Barros, aliás, foram comparados a Matisse pela maleabilidade do traço e pela intensidade das cores. Mas, no caso de Barros, morto em 1986, há uma espécie de obsessão em retratar muito de perto os objetos, anulando a distância entre mundo e observador.

Muitas vezes, some o espaço ao redor e a tela retrata só seu objeto principal, que ocupa todo o quadro, quase transbordando dele.

"Em Matisse, há um estilhaçamento do mundo, um confronto que tenta reestruturar o espaço", diz Naves. "Aqui a questão é outra, é uma abordagem do mundo sem perspectiva, sem claro-escuro. Barros é moderno por prescindir disso de uma maneira radical." (silas martí)

RAPHAEL E EMYGDIO
QUANDO de ter. a sex., das 13h às 19h; sáb. e dom., das 13h às 18h; até 7/7
ONDE Instituto Moreira Salles (r. Piauí, 844, tel. 3825-2560)
QUANTO grátis